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Robots humanoïdes : de futurs coéquipiers pour assister les policiers sur le terrain ?

Porter des équipements, reconnaître une zone dangereuse, apporter du matériel de secours ou contribuer à protéger les agents : les robots humanoïdes pourraient trouver une place aux côtés des forces de l’ordre. Une perspective qui mérite d’être explorée, avec une question centrale : quelles missions pourraient-ils accomplir de manière fiable, tout en améliorant la sécurité des personnes présentes ?

Les humanoïdes impressionnent lorsqu’ils marchent, courent ou manipulent des objets. Mais derrière les démonstrations, une interrogation demeure : où peuvent-ils rendre un service suffisamment utile pour justifier leur déploiement ?

L’assistance aux policiers constitue une piste concrète. Lors d’interventions dangereuses, notamment lorsque des violences éclatent en marge d’une manifestation, certaines tâches exposent directement les agents. Une machine capable d’en prendre en charge une partie pourrait devenir un équipement de soutien précieux. Cette réflexion rejoint une question plus générale : quelle première mission confier à un robot pour obtenir un résultat concret et mesurable ?

Récemment lors des manifestations en France du 17 Octobre, ces robots auraient eu leur utilité pour aider la police, protéger des mairies ou des commerçants.

Assister les policiers dans leurs missions

Le premier rôle envisageable serait logistique. Boucliers, matériel médical, équipements de communication : les interventions nécessitent de déplacer du matériel, parfois dans des conditions difficiles.

Un humanoïde pourrait acheminer ces équipements vers les agents, sous réserve de disposer d’une autonomie, d’une mobilité et d’une capacité de transport adaptées. Il pourrait aussi apporter une trousse de secours ou effectuer des déplacements répétitifs entre un véhicule et un point d’intervention sécurisé.

L’intérêt serait de réduire certaines charges physiques et de permettre aux policiers de se concentrer sur leurs missions.

Ces usages semblent moins spectaculaires qu’une interpellation robotisée. Ils pourraient pourtant constituer un premier terrain d’expérimentation pertinent, avec des tâches précises et des résultats mesurables.

Une protection supplémentaire sur le terrain ?

L’hypothèse d’un humanoïde portant un bouclier mérite également d’être examinée. Il pourrait contribuer à protéger ponctuellement un agent exposé ou accompagner un déplacement dans une zone présentant un risque de projections.

L’objectif serait de réduire l’exposition humaine au danger. Mais une telle fonction exige beaucoup plus que la capacité à tenir un équipement.

Le robot devrait rester stable malgré les obstacles, coordonner ses mouvements avec ceux des agents et éviter tout contact dangereux. Une chute pourrait blesser une personne ou obstruer un passage. Dans ce type d’environnement, une erreur d’intelligence artificielle peut rapidement devenir un risque physique.

Cette utilisation reste donc une perspective à tester. Une démonstration en environnement contrôlé ne prouve pas qu’une machine puisse assurer une protection fiable dans une rue encombrée.

La robotique de sécurité existe déjà

Le principe consistant à envoyer une machine dans une zone dangereuse a déjà fait ses preuves dans certaines missions spécialisées.

Lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris, en avril 2019, un robot extincteur équipé de caméras a été engagé dans la nef, où les conditions empêchaient l’intervention des pompiers. Sa valeur reposait sur une fonction clairement définie : intervenir à distance dans un environnement trop dangereux pour les personnes.

À New York, les autorités ont présenté en 2023 Digidog, un robot quadrupède télécommandé par des policiers formés, pour évaluer certaines situations à haut risque, notamment en présence de substances dangereuses ou d’un suspect retranché.

Ces exemples montrent l’intérêt d’une assistance robotique. Ils ne démontrent toutefois pas qu’un humanoïde soit prêt à évoluer au contact d’une foule.

Pourquoi un humanoïde plutôt qu’un autre robot ?

Deux bras peuvent permettre de manipuler différents équipements. Une morphologie humaine pourrait aussi faciliter l’accès à certains espaces conçus pour les personnes.

Cette polyvalence représente un intérêt potentiel, mais elle ajoute de la complexité. Marcher sur des débris, conserver son équilibre et transporter une charge doivent rester possibles dans les conditions réelles d’intervention.

Pour certaines tâches, une plateforme à roues, à chenilles, un drone ou un robot quadrupède pourrait être plus adapté qu’un humanoïde. Le choix de la morphologie doit dépendre de la mission, du terrain, du niveau d’autonomie recherché et des contraintes de sécurité.

Le coût complet sera également déterminant : achat, maintenance, formation des opérateurs, batteries et récupération en cas de panne.

Des limites techniques et humaines

Une foule constitue un environnement particulièrement exigeant : mouvements imprévus, visibilité réduite et contacts rapprochés compliquent les déplacements.

Comprendre une situation est encore plus difficile. Une personne qui court peut fuir un danger ; un geste brusque peut être une tentative de protection. Reconnaître un mouvement ne permet pas de déterminer une intention.

Les images collectées soulèvent aussi des questions distinctes. La CNIL rappelle les enjeux des caméras augmentées pour les droits et libertés. Installer des capacités d’observation ou d’analyse sur un robot nécessite donc un examen spécifique de leur utilisation. Il faut également vérifier la protection des images, les accès à distance et les flux de données, comme pour tout robot mobile connecté exposé à des risques de cybersécurité.

Enfin, assistance et usage de la force doivent être distingués. Plusieurs fabricants, dont Boston Dynamics, se sont publiquement opposés à l’armement de leurs robots polyvalents.

Enfin une utilité concrète à court terme ?

La vidéo qui accompagne cet article propose des exemples de missions que des humanoïdes pourraient accomplir en soutien aux agents. Ces scénarios illustrent des usages potentiels ; ils ne constituent pas, à eux seuls, une validation opérationnelle.

Chez Robot Magazine, nous pensons que les humanoïdes pourront trouver une réelle utilité pour la police et le maintien de l’ordre, notamment pour transporter, observer et contribuer à protéger les équipes.

À court terme, les perspectives les plus crédibles concernent des missions limitées, dans des conditions maîtrisées, sous supervision humaine. La protection rapprochée exigera davantage de preuves.

Enfin un humanoïde utile sur le terrain ? L’hypothèse mérite des essais rigoureux. Son succès se mesurera à la fiabilité du service rendu et à la réduction effective des risques pour les agents comme pour le public.

FAQ – Robots humanoïdes dans la police : quelles applications pour les forces de l’ordre ?

Un robot humanoïde équipé d’un bouclier pourrait, à terme, contribuer à protéger ponctuellement des agents exposés à des projections ou à d’autres dangers. Toutefois, cette application nécessite une excellente stabilité, une coordination précise avec les policiers et une capacité à évoluer sans mettre les personnes en danger. Sa fiabilité en situation réelle reste à démontrer.

Oui. En 2023, la police de New York a présenté Digidog, un robot quadrupède télécommandé destiné à certaines interventions à haut risque. En France, un robot extincteur a également été mobilisé lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019. Ces exemples illustrent l’intérêt des robots dans des environnements dangereux, sans démontrer que les humanoïdes sont déjà adaptés au maintien de l’ordre.

La morphologie humanoïde présente des avantages potentiels, notamment grâce à ses deux bras capables de manipuler différents équipements et à sa capacité théorique à évoluer dans des espaces conçus pour les humains. Cependant, les robots à roues, à chenilles ou quadrupèdes peuvent être plus adaptés à certaines missions. Le choix dépendra de la mobilité, de la stabilité, de la charge transportable et du coût total d’utilisation.

Les principaux défis concernent l’équilibre, l’autonomie énergétique, la mobilité sur des terrains encombrés et la sécurité des interactions avec les personnes. Une foule présente des mouvements imprévisibles et des situations difficiles à interpréter. Les robots doivent également pouvoir fonctionner de manière fiable malgré les obstacles, les contacts accidentels et les conditions changeantes.

L’utilisation de robots équipés de caméras ou de systèmes d’intelligence artificielle soulève des questions concernant la vie privée, la surveillance et la protection des libertés individuelles. Il est également essentiel de distinguer les missions d’assistance des interventions impliquant l’usage de la force. Le déploiement de ces technologies nécessite un cadre juridique adapté, des contrôles rigoureux et une supervision humaine.

À court terme, les applications les plus crédibles concernent des missions limitées, comme le transport d’équipements, l’observation ou l’assistance logistique, dans des conditions maîtrisées et sous supervision humaine. Les fonctions de protection rapprochée nécessitent encore des essais approfondis. Leur adoption dépendra de leur fiabilité opérationnelle, de leur coût et de leur capacité démontrée à réduire les risques pour les policiers et le public.

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Un article de Christophe Carle Louis

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