Interview d’Alex Catana sur l’avenir des métiers de la robotique et de l’automatisation
Alex Catana est consultante au sein du cabinet Beaumont Bailey.
Elle accompagne des clients du secteur de l’automatisation industrielle, de la robotique et plus largement de l’industrie manufacturière, en les aidant à identifier, attirer et recruter des profils de haut niveau.
Son rôle couvre la recherche de dirigeants, la cartographie des marchés de talents et l’accompagnement des entreprises dans leurs besoins en recrutement stratégique, à un moment où la robotique entre dans une nouvelle phase de maturité.
Dans cet entretien, elle partage sa vision de l’évolution du marché de l’emploi en robotique, des profils les plus recherchés et des compétences qui feront la différence dans les années à venir.
Comment évolue actuellement le marché mondial de l’emploi dans l’automatisation et la robotique ?
Le marché mondial de l’emploi dans l’automatisation et la robotique est clairement en pleine évolution. L’activité n’est pas homogène sur l’ensemble du secteur, mais la demande reste forte dans certaines zones de croissance clés, même si les entreprises restructurent et réajustent leurs priorités d’investissement.
Les organisations se concentrent aujourd’hui sur des rôles à forte valeur stratégique : des talents techniques pointus en robotique, mécatronique, autonomie et intelligence artificielle, ainsi que des leaders commerciaux capables d’aider les entreprises à changer d’échelle de manière responsable et à se différencier sur des marchés très concurrentiels.
En parallèle, les recrutements sont devenus plus ciblés et plus sélectifs. Les employeurs cherchent à trouver le bon équilibre entre ambitions de croissance, optimisation des coûts et maturité opérationnelle.
Quels sont aujourd’hui les postes les plus difficiles à pourvoir ?
Les profils les plus complexes à recruter restent les postes techniques seniors et opérationnels. En particulier, les ingénieurs en robotique, mécatronique, autonomie ou automatisme disposant d’une expérience terrain réelle sont extrêmement rares.
Au niveau du leadership, les entreprises rencontrent également de grandes difficultés à identifier des responsables techniques orientés client, capables de combiner une forte crédibilité d’ingénieur avec des compétences commerciales et stratégiques. Ces profils doivent être capables de faire le lien entre innovation et exécution, de comprendre les enjeux clients et d’exprimer clairement la valeur business des solutions robotiques avancées. Cette combinaison de compétences est particulièrement difficile à trouver.
Quelles compétences font aujourd’hui la plus grande différence pour les candidats ?
Au-delà de l’expertise technique, les compétences les plus différenciantes sont la collaboration, l’influence et l’adaptabilité.
Les entreprises valorisent de plus en plus les profils capables de travailler efficacement entre les équipes d’ingénierie, de produit et de commerce, d’aligner des parties prenantes aux intérêts variés et de s’adapter rapidement à des environnements technologiques et de marché en constante évolution. Les candidats capables d’évoluer à l’interface entre technologie, business et relation client se démarquent clairement.
Les entreprises sont-elles plus ouvertes qu’avant aux talents internationaux ou au travail à distance ?
Comparé à la période pré-Covid, les entreprises sont sans aucun doute plus ouvertes aux talents internationaux. La mobilité et la relocalisation sont aujourd’hui mieux acceptées, à condition qu’elles soient cohérentes. Avec le modèle économique et l’empreinte géographique des clients.
Le travail à distance, en revanche, est devenu plus nuancé. Les postes 100 % remote sont moins nombreux qu’au sortir de la crise sanitaire. En particulier dans la robotique, où la proximité avec le matériel, l’intégration des systèmes et les clients reste essentielle. Les modèles hybrides et les organisations flexibles restent toutefois largement répandus, notamment pour les profils seniors ou très spécialisés.
En une phrase, qu’est-ce qui définira le marché de l’emploi en robotique dans les cinq prochaines années ?
Les cinq prochaines années seront marquées par le passage de l’automatisation à l’autonomie. Générant une forte demande pour des ingénieurs et des dirigeants. Capables de déployer des systèmes intelligents à grande échelle, de manière fiable et sécurisée.
Entretien réalisé par Robot Magazine, média dédié à la robotique, à l’IA et aux grandes transformations industrielles.
FAQ – Tendances du recrutement et des talents en robotique et automatisation
2. Quels profils sont les plus recherchés dans le secteur ?
Les organisations se concentrent sur des experts techniques de haut niveau en robotique, mécatronique, autonomie et intelligence artificielle, ainsi que sur des leaders commerciaux et stratégiques capables de faire évoluer les technologies industrielles avancées de manière responsable.
3. Quels sont les postes les plus difficiles à pourvoir en robotique et en automatisation ?
Les postes techniques seniors et opérationnels, tels que les ingénieurs en robotique, mécatronique, autonomie ou contrôle-commande disposant d’une expérience terrain, sont en pénurie critique.
4. Pourquoi les postes de leadership sont-ils particulièrement complexes à recruter ?
Les entreprises peinent à identifier des leaders techniques orientés client combinant une forte crédibilité d’ingénieur, une vision commerciale et une capacité stratégique, leur permettant de relier innovation, exécution et création de valeur pour le client.
5. Quelles compétences permettent aux candidats de se démarquer au-delà de l’expertise technique ?
La collaboration, l’influence et l’adaptabilité sont des compétences clés. Les employeurs valorisent les profils capables de travailler à l’interface des équipes techniques, produit et commerciales, tout en s’adaptant à des technologies et marchés en évolution rapide.
6. Les entreprises sont-elles plus ouvertes qu’avant aux talents internationaux ou au travail à distance ?
La mobilité internationale est aujourd’hui beaucoup plus acceptée qu’avant la période COVID, lorsqu’elle est alignée avec les besoins business et clients. Les postes entièrement à distance sont en recul, mais les modèles hybrides et flexibles restent courants pour les profils seniors ou très spécialisés.
7. Qu’est-ce qui définira le marché de l’emploi en robotique au cours des cinq prochaines années ?
Le passage de l’automatisation à l’autonomie va structurer le marché, en renforçant la demande pour des ingénieurs et des leaders capables de déployer des systèmes intelligents de manière sûre, fiable et à l’échelle industrielle.



